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L'AFFAIRE WASSIM, L'OPÉRATION DE PROPAGANDE DU RÉGIME ALGÉRIEN POUR TERNIR LA RÉPUTATION DES SUPPORTERS MAROCAINS

L'AFFAIRE WASSIM, L'OPÉRATION DE PROPAGANDE DU RÉGIME ALGÉRIEN POUR TERNIR LA RÉPUTATION DES SUPPORTERS MAROCAINS

Le 1er juillet 2026, à 13h04 précises, un compte X algérien lançait une grenade numérique soigneusement préparée. En moins de vingt-quatre heures, la machine de propagande hostile au Maroc avait fabriqué une "affaire d'État", remonté jusqu'au palais présidentiel d'Alger, et inondé les réseaux sociaux arabophones d'une histoire simple, émotionnelle et fausse dans ses éléments essentiels : des supporters marocains auraient sauvagement lynché un enfant algérien de 14 ans dans une fan zone de Boston. Le problème, c'est que les faits vérifiables racontent une tout autre histoire.


Tout commence avec Ahmed Hafsi, journaliste ayant exercé comme rédacteur en chef de la chaîne algérienne Ennahar TV de 2013 à 2019 avant de rejoindre Al Araby à Londres, connu pour ses publications à caractère anti-marocain documentées, notamment un post de juillet 2024 que plusieurs observateurs ont interprété comme une incitation à des "opérations militaires" visant des villes du Sahara marocain. C'est lui qui publie le premier post accusant des Marocains d'avoir agressé un enfant algérien, affirmant sans produire le moindre document officiel que sept suspects de nationalité marocaine avaient été interpellés par la police américaine. La page "AlgeriaGate", qui fonctionne comme le relais francophone d'Ahmed Hafsi, reprend l'information dans l'heure et porte le nombre d'arrestations à 35. TSA, Maghreb Foot, DzairTube et même l'antenne arabophone de RT emboîtent le pas sans produire, eux non plus, le moindre document officiel américain à l'appui.


La réalité de l'incident, elle, n'est pas contestée dans son principe : Wassim Karcouche, 14 ans, lycéen de Winthrop dans la banlieue de Boston, double nationalité algéro-américaine, était bien présent au Tall Ship Fan Zone de East Boston lors du match Maroc-Pays-Bas en seizième de finale. Il a bien été blessé dans une bagarre et a perdu connaissance avant d'être pris en charge. Mais c'est la seule partie de l'histoire algérienne qui résiste à l'épreuve des faits. Car Wassim lui-même, interrogé par Boston25 News, le seul grand média américain local à lui avoir donné la parole, a raconté une réalité radicalement différente du récit algérien. Il était venu regarder le match et soutenir le Maroc avec ses amis. Il portait un maillot algérien sans penser que cela poserait le moindre problème. Une bagarre a éclaté dans la foule, et la situation a dégénéré à son encontre. Dans son propre récit à la presse américaine, Wassim n'identifie à aucun moment ses agresseurs comme marocains : il ne le sait tout simplement pas, ayant perdu connaissance. "There was a fight that started, and then everyone turned on me because I was wearing an Algeria jersey. I don't remember much because I did go unconscious", a-t-il déclaré à Boston25. Ce détail capital, la victime elle-même incapable d'identifier ses agresseurs comme marocains, n'a pas empêché des dizaines de titres algériens de présenter l'affaire comme un crime marocain établi.



L'analyse technique des pièces versées au dossier par la machinerie algérienne a rapidement révélé des manipulations grossières. L'analyste Marouane Lamharzi Alaoui a identifié dans la vidéo présentée comme preuve la présence visible, en arrière-plan, d'une arche violette arborant le logo officiel de la Coupe du monde FIFA Qatar 2022, et non de Boston 2026. Une partie des images utilisées pour alimenter l'émotion avait donc été filmée lors d'un tout autre tournoi, sur un autre continent, quatre ans plus tôt, et remontée pour lui faire dire le contraire de ce qu'elle montrait. La vidéo présente par ailleurs une coupure nette entre le témoignage de Wassim et les images de bagarre, sans qu'aucun plan continu n'établisse un lien entre les deux. Contacté par Médias24, le bureau du procureur du comté de Suffolk, Kevin R. Hayden, dont relève Boston sur le plan judiciaire, a répondu de façon lapidaire à la demande d'information : il n'a pas connaissance de ce dossier. Ni sept arrestations, ni trente-cinq suspects identifiés, ni aucune inculpation de ressortissants marocains ne figurent dans les archives judiciaires consultables du comté.


Ce qui est peut-être le plus révélateur, c'est le silence assourdissant des médias américains indépendants. Le Boston Globe, le Boston Herald, WCVB Channel 5, NBC10 Boston, WBZ, MassLive : aucun de ces titres n'a rapporté d'arrestations de supporters marocains, de plainte du FBI pour "crime de haine" visant des Marocains, ni de mise en examen dans ce dossier. Des comptes algériens sur les réseaux sociaux ont pourtant interpellé publiquement toutes ces rédactions, leur demandant de couvrir l'affaire. Aucune n'a suivi. La Gazette du Fennec a tenté d'expliquer ce silence en affirmant que l'affaire aurait été prise en charge par le FBI sous la qualification de "hate crime", une information attribuée à un certain Zidane Lotfi, présenté comme un agent de sécurité d'origine algérienne travaillant avec la police, dont les déclarations n'ont été corroborées par aucune source officielle américaine.



C'est dans ce contexte qu'intervient la dimension la plus grave de l'affaire : la décision du président algérien Abdelmadjid Tebboune de s'exprimer publiquement sur l'incident. Il l'a fait le 2 juillet 2026, en marge de son vote aux élections législatives algériennes, en sortant de son bureau de vote devant les caméras des médias officiels. Sans attendre la moindre confirmation judiciaire américaine, il a livré des déclarations d'une précision surprenante sur une affaire dont les faits n'avaient pas encore été établis, évoquant son contact personnel avec l'ambassadeur algérien aux États-Unis, Sabri Boukadoum, et les instructions données pour suivre le dossier. Il a annoncé que Wassim avait reçu une invitation du ministre des Sports, Walid Sadi, pour assister au match Algérie-Suisse. Cette instrumentalisation d'un mineur blessé à des fins de communication présidentielle, le jour même d'un scrutin national, mérite d'être nommée pour ce qu'elle est. Ce même Tebboune n'avait formulé aucun commentaire public sur les incidents bien documentés opposant des supporters algériens et d'autres fans lors de ce même Mondial, incidents qui ont donné lieu, eux, à des procédures judiciaires effectives dans plusieurs villes américaines.



L'intention derrière cette opération n'est pas difficile à décoder pour quiconque suit la propagande algérienne depuis quelques années. Les Lions de l'Atlas traversent un Mondial historique sur sol américain, qualifiés en huitième de finale après avoir éliminé les Pays-Bas, accueillis dans chaque ville-hôte par des centaines de milliers de supporters marocains venus du monde entier, célébrés par la presse internationale pour leur fair-play, leur organisation et leur ferveur. À chaque victoire du Maroc, les chaînes algériennes appliquent une règle non écrite mais systématique : ne pas diffuser le score, ne pas montrer les images de liesse. Ce Mondial est, pour le régime d'Alger, une humiliation structurelle, parce qu'il offre au monde entier le spectacle d'un Maroc rayonnant, organisateur partiel d'une compétition planétaire, représenté par une équipe performante et des supporters exemplaires, là où l'Algérie ne parvient pas à rayonner. L'affaire Wassim est arrivée comme une aubaine : un incident réel, impliquant un enfant, dans une fan zone marocaine, au moment précis où le monde regardait le Maroc avec admiration. La machine s'est mise en route en quelques minutes, avec une précision qui témoigne d'une préparation, pas d'une improvisation.


Ce qu'il faut retenir, c'est que Wassim Karcouche était venu soutenir le Maroc avec ses amis marocains. Il a été blessé dans une bagarre dont les responsables n'ont pas été identifiés par les autorités américaines à ce stade. Des Marocains présents sur place ont contribué à le secourir, comme le montrent des images qui ont circulé en parallèle de la campagne de propagande. Aucun Marocain n'a été arrêté ni mis en cause par la justice américaine dans ce dossier. Et le seul média américain qui a donné la parole à Wassim a rapporté ses propres mots, qui ne désignent aucun Marocain. Ce n'est pas le Maroc que cette opération a sali : c'est le régime algérien lui-même, qui a choisi de bâtir une campagne de haine sur le dos d'un adolescent blessé, le jour de ses propres élections législatives, pour détourner ses citoyens du seul spectacle qui l'embarrasse vraiment : celui d'un Maroc qui gagne, qui construit et qui rayonne.

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