LA VÉRITÉ SUR LES RÉSERVES DE PHOSPHATE DU MAROC
- Brahim Al Maghribi

- il y a 3 heures
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Depuis plusieurs années, certains relais politiques et médiatiques liés au régime algérien diffusent une idée simple mais trompeuse : la richesse phosphatière du Maroc se trouverait essentiellement dans les provinces du Sud, ce qui ferait du Sahara marocain une région stratégique uniquement pour ses ressources naturelles.
Cette affirmation est fausse, et la géologie comme les données industrielles internationales permettent de le démontrer clairement.
Le Maroc possède effectivement la plus grande réserve de phosphate au monde, estimée à environ 50 milliards de tonnes, soit près de 70 % des réserves mondiales selon le U.S. Geological Survey (USGS) et plusieurs rapports industriels internationaux. Mais ces réserves ne se situent pas principalement et uniquement dans les régions du sud.
Le cœur historique et géologique du phosphate marocain se trouve dans le centre du Royaume, notamment dans le bassin d’Ouled Abdoun, près de Khouribga, considéré comme le plus important gisement de phosphate du Maroc. À lui seul, ce bassin représente une part considérable des réserves nationales et constitue la base de l’exploitation phosphatière marocaine depuis le début du XXᵉ siècle.
Les études géologiques indiquent que les couches phosphatées marocaines sont principalement exploitées dans les bassins sédimentaires d’Ouled Abdoun et de Gantour, situés dans le centre du Maroc. Les principaux bassins phosphatés du pays sont clairement identifiés par la recherche scientifique :Ouled Abdoun (Khouribga), Gantour (Youssoufia–Benguerir), Meskala et, plus au sud, Boucraâ.
Autrement dit, la géographie du phosphate marocain couvre plusieurs régions du pays, mais les réserves majeures se trouvent dans les bassins historiques du centre.

La mine de Boucraâ, située près de Laâyoune dans les provinces du Sud, existe bien et fait partie de l’industrie phosphatière marocaine. Mais son poids réel est très souvent exagéré dans le discours politique.
Selon les données industrielles et minières, la mine de Boucraâ représente environ 2 % des réserves de phosphate du Maroc. Même les estimations critiques de l’exploitation de ce site reconnaissent que sa production annuelle reste limitée par rapport aux bassins majeurs du pays.
Des données industrielles récentes confirment cette répartition : le bassin de Khouribga représente la plus grande part des réserves marocaines, suivi du bassin de Gantour, tandis que Boucraâ ne constitue qu’une portion marginale du potentiel national.
Cette réalité est fondamentale pour comprendre la stratégie économique marocaine. La puissance phosphatière du Maroc ne dépend pas du Sahara, mais de gisements découverts et exploités bien avant le conflit régional.

L’industrie du phosphate au Maroc remonte en effet aux premières exploitations du bassin de Khouribga au début du XXᵉ siècle, qui ont constitué la base du développement de l’Office Chérifien des Phosphates (OCP).
Ainsi, l’idée selon laquelle les phosphates marocains seraient « la ressource de la RASD » relève davantage du discours politique que de la réalité géologique ou économique.
Même en excluant la production de Boucraâ, le Maroc resterait de très loin le principal détenteur de réserves de phosphate dans le monde, grâce aux bassins d’Ouled Abdoun et de Gantour.
La géologie, les rapports industriels et les données internationales convergent tous vers la même conclusion :l a richesse phosphatière marocaine est nationale, historiquement ancrée dans le centre du pays, et non concentrée dans les provinces du Sud.






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