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TIN HINAN

Personnalité à la fois fabuleuse et mystérieuse. Belle et autoritaire, Tin Hinan a souvent été décrite comme l’ancêtre des Touaregs nobles du Hoggar.


La tradition orale la dit grande, charismatique et belle. La légende la décrit comme une femme "grande, au visage sans défaut, au teint clair, aux yeux immenses et ardents, au nez fin, l’ensemble évoquant à la fois la beauté et l’autorité". Elle représentait le charme, l’éclat et le pouvoir. Mais personne ne connaît son vrai nom. Celui qui reste d’elle est probablement plutôt un surnom, lié à son histoire. En tamasheq, langue touarègue parlée au sud du Sahara (actuel Mali et sud de l’Algérie), Tin Hinan est porteur de sens, de plusieurs sens même. Il pourrait s’agir d’un surnom, "celle des tentes ou des campements" (allusion au boitement qui retiendrait la personne ainsi dénommée près du campement), "celle qui se déplace" (en rappel au long périple effectué par l’interpelée) ou encore "celle qui vient de loin".

Tin Hinan naît donc dans les tribus des Bérâbers (amazighes) du Tafilalet, et à cette époque la région ressemble certainement à une oasis.


les historiens pensent que Tin Hinan et Takama effectuent leur voyage en compagnie d'une monture et d'animaux domestiques, ce qui leur aurait permis de ne pas périr. Ils pensent notamment qu'elles connaissaient les principales étoiles et savaient décoder le tracé d’un chemin. D’ailleurs, la route qu'elles empruntent pourrait correspondre à une route ancienne dessinée sur les peintures rupestres du Sahara et qui mentionne les points d'eau, rivières et oasis. L’expédition ressemble donc beaucoup plus à une aventure qu’à une exploration de l’extrême sud.


Mais franchir le Sahara est à cette époque, une aventure dangereuse et risquée. C’est pour cette raison que ces femmes étaient accompagnées et ne pouvaient à aucun moment être seules pour enfourcher leur monture et partir vers cette contrée aride et à haut risque. Les restes à travers l’ensemble de la traversée démontrent et témoignent par contre qu’il existait une végétation autrefois. Des peintures rupestres indiquent et signalent des chasseurs ont existé par le passé. Elle prend les armes pour défendre son peuple et les idéaux de son pays au IVe / Ve siècle.


Tin Hinan s’arrête à Abalessa dans le Hoggar, un massif montagneux au cœur du Sahara, dans des lieux antérieurement occupés. Elle y installe ses tentes, établit un campement, développe des relations commerciales avec les voyageurs. Elle est dite tamenokalt, un titre désignant la souveraine d’une confédération touarègue. La tradition orale lui prête un ou plusieurs enfants : trois filles, Tinert (antilope, ancêtre des Inemba), Tahenkot (gazelle, ancêtre des Kel Rela) et Tamérouelt (hase, ancêtre des Iboglân). Tin Hinan est considérée par les Touaregs nobles du Hoggar comme leur ancêtre, tandis que Takamat serait celle des Touaregs non-nobles. D’après la tradition orale Touarèg, c’est la descendance féminine que l’on retient du fait du statut de la femme dans les sociétés touaregs. Le régime touareg étant matriarcal dans la vie sociopolitique et socioculturelle, la femme targuie du Hoggar est celle par qui se transmet la culture, l’essence même de sa culture.


En 1918, Pierre Benoit, dans son roman l'Atlantide, raconte l'histoire d'Antinéa. Il s'agit en fait de Tin Hinan dont il a modifié le nom. En 1925, à Abalessa, dans le Hoggar, des archéologues découvrent la tombe d'une femme. Ils y trouvent outre un squelette bien conservé, des pièces de monnaie à l'effigie de l'empereur romain Constantin, des bijoux en or et en argent, ainsi qu'un mobilier funéraire. La tombe, qui date du IVe siècle, est attribuée par les archéologues à Tin-Hinan, bien que les Touaregs eux-mêmes soient beaucoup moins affirmatifs sur ce point. Elle est aujourd'hui une attraction touristique. Le corps, quant à lui, est conservé au musée du Bardo à Alger.


L'examen du squelette retrouvé dans le mausolée montre ainsi que la femme souffrait d'une lombarthrose qui l'obligeait à boiter, ce qui rejoint les détails de l'historien Ibn Khaldoun au sujet de Tin Hinan, qui précisait que les Touaregs de l'Ahaggar se désignaient également comme "les enfants de Tiski", c'est-à-dire "les descendants de la femme qui boîte". Après avoir traversé le Sahara sans périr et une fois arrivée à Abalessa, dans le Hoggar, Tin Hinan y aurait instauré les conditions nécessaires à la survie humaine, organisé la vie sociale et développé des relations commerciales avec les personnes qui traversent le Sahara, comme l'indiquent le mobilier et les objets retrouvés dans son mausolée.


Ainsi, beaucoup de mystères demeurent concernant l’existence de Tin Hinan et le tombeau qui le lui est attribué est aujourd'hui une attraction touristique dans le Hoggar. Le corps et les bijoux retrouvés dans la tombe sont quant à eux conservés au musée du Bardo à Alger.



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