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TRAITÉ D'AMITIÉ 1862 ENTRE LE MAROC ET LA BELGIQUE

TRAITÉ D'AMITIÉ 1862 ENTRE LE MAROC ET LA BELGIQUE

TRAITÉ D'AMITIÉ, DE COMMERCE ET DE NAVIGATION DE 1862 ENTRE LE MAROC ET LA BELGIQUE


Peu de documents incarnent aussi fidèlement la profondeur historique des relations entre le Royaume du Maroc et le Royaume de Belgique que ce traité signé à Tanger le 4 janvier 1862. Véritable acte fondateur de leurs échanges diplomatiques et économiques, il témoigne d'une volonté partagée de nouer des liens durables entre deux nations souveraines, bien avant que le monde ne soit façonné par les grandes reconfigurations du XXe siècle.


L'histoire de ce rapprochement commence bien plus tôt que la signature elle-même. Dès 1832, soit à peine deux ans après son indépendance, le jeune Royaume de Belgique manifeste déjà l'intention de développer des relations avec le Maroc, envoyant son Consul vers Tanger. En août 1838, le Roi Léopold Ier nomme Léon Van Laere, premier Consul de Belgique à Tanger, avec pour mission principale de conclure un traité d'amitié, de commerce et de navigation. Ce n'est finalement que sous l'action de son successeur, Ernest Dalluin, que l'accord sera conclu, fruit de trente années de patient travail diplomatique.


Le traité est ratifié par le Roi Léopold Ier et son Ministre des Affaires étrangères le 21 mars 1862, au Château de Laeken. Il est accompagné d'un document manuscrit volant, rédigé en arabe avec traduction au dos, signé et cacheté par les deux plénipotentiaires : Ernest Dalluin, représentant le Roi de Belgique, et Sidi el Hadj Abdel Rhaman el Aagi, représentant Sa Majesté le Sultan Mohammed IV. Ce document porte la date du 18 mai 1862.


Dans sa forme physique, le traité se présente comme un volume de quatre pages in-folio, relié en plein chagrin rouge aux plats ornés des armes et de la devise de la Belgique. Ses feuillets sont retenus par un cordonnet tricolore dont l'extrémité est scellée par un sceau armorial, autant de détails qui soulignent le soin et le protocole attachés à cet acte diplomatique majeur.


Au-delà de sa valeur symbolique, ce traité marque concrètement les débuts des relations économiques entre le Maroc et la Belgique. Il s'inscrit dans une tradition marocaine d'ouverture diplomatique souveraine, où le Sultan du Maroc traite d'égal à égal avec les puissances européennes de son époque, définissant librement les termes de ses engagements internationaux.


Ce document, référencé notamment dans les travaux d'Andrée Collin (Traces Belges au Maroc, p. 44) et dans les archives compilées par Bahija Simou, constitue une pièce maîtresse de la mémoire diplomatique commune des deux royaumes et un rappel que le Maroc entretient avec l'Europe des liens dont les racines sont bien plus anciennes et bien plus riches qu'on ne le croit souvent.


Sources : Andrée Collin, Traces Belges au Maroc, p. 44 - Bahija Simou, Tome I

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