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TRUMP, LE CONSEIL DE PAIX ET LE MALAISE ALGÉRIEN

  • il y a 6 jours
  • 4 min de lecture
TRUMP, LE CONSEIL DE PAIX ET LE MALAISE ALGÉRIEN

Depuis l’annonce par Washington de la création d’un « Conseil de paix » destiné à accompagner la stabilisation du Moyen-Orient et à consolider le cessez-le-feu à Gaza, une agitation fébrile s’est emparée des médias proches du pouvoir algérien. À Alger, l’invitation adressée à SM le Roi Mohammed VI, qu’Allah L’Assiste, a été immédiatement interprétée comme une « manœuvre ambiguë » du Maroc, voire comme une trahison de la cause palestinienne. Une lecture hystérique et approximative qui en dit davantage sur les frustrations du régime algérien que sur la réalité diplomatique.


Car pour comprendre ce dossier, il faut d’abord s’affranchir du bruit médiatique et revenir aux faits. Le « Conseil de paix » imaginé par l’administration Trump n’est ni une alliance militaire, ni un club idéologique, encore moins un front politique. Il s’agit d’un groupe restreint de dirigeants et de pays jugés crédibles et influents, appelés à soutenir les efforts internationaux pour garantir la pérennité du cessez-le-feu dans la bande de Gaza, faciliter l’aide humanitaire et contribuer à une stabilisation durable de la région.



Autrement dit, Washington a choisi de s’entourer d’acteurs considérés comme stables, responsables et capables de dialoguer avec toutes les parties. Dans cette logique, l’invitation du Maroc n’a rien d’un mystère. Elle constitue, au contraire, une reconnaissance explicite du rôle que joue le Royaume depuis des décennies sur le dossier palestinien.


Le Maroc préside le Comité Al-Qods, il entretient des canaux de dialogue constants avec l’ensemble des protagonistes régionaux, et il a toujours défendu une approche équilibrée, fondée sur la protection des populations civiles et la recherche de solutions politiques. Dans un contexte international tendu, cette posture mesurée et constructive fait du Royaume un interlocuteur naturel pour toute initiative de paix crédible.


Lorsque les États-Unis expliquent que ce Conseil est « réservé à un groupe restreint de leaders de stature internationale », ils ne flattent pas Rabat par courtoisie. Ils reconnaissent un fait : le Maroc est devenu un acteur diplomatique de premier plan, écouté et respecté bien au-delà de son environnement régional.



C’est précisément cette reconnaissance qui irrite profondément Alger. Car derrière les cris d’indignation se cache une contradiction embarrassante pour le régime algérien. Le 17 novembre 2025, au Conseil de sécurité des Nations unies, une résolution américaine visant à enclencher la deuxième phase du plan de paix pour Gaza a été adoptée par treize voix favorables. Et parmi ces votes favorables figurait celui de l’Algérie.


En clair, Alger a officiellement approuvé le plan de Donald Trump à l’ONU. Mais elle s’indigne aujourd’hui que le Maroc soit invité à participer à sa mise en œuvre. Cette incohérence résume à elle seule la diplomatie algérienne : voter une initiative sur la scène internationale, puis la dénoncer dès que le Maroc en retire un bénéfice politique.


La vraie question n’est donc pas de savoir pourquoi le Maroc a été convié, mais pourquoi l’Algérie ne l’a pas été. La réponse est moins mystérieuse qu’on ne le prétend à Alger. Les États-Unis n’ont aucune raison d’inclure dans un mécanisme de paix un régime dont la diplomatie est dominée par l’invective, l’hostilité permanente envers ses voisins et une rhétorique conflictuelle quasi systématique. Un Conseil de paix a vocation à réunir des pays capables de rassembler et d’apaiser, pas des pouvoirs qui ont fait de la confrontation leur mode d’expression privilégié.


Le Maroc parle de médiation et de dialogue. L’Algérie privilégie les postures de défiance. Le Maroc s’inscrit dans des partenariats internationaux structurants. L’Algérie s’enferme dans un discours victimaire. Le Maroc propose des solutions. L’Algérie nourrit des polémiques.


Dans ces conditions, l’absence d’invitation adressée à Alger ne relève d’une simple logique diplomatique. Cette séquence révèle surtout une vérité que le régime algérien peine à admettre : son isolement international se creuse. Pendant que Rabat renforce ses alliances stratégiques, accueille des initiatives internationales majeures et consolide sa place dans les grands dossiers globaux, Alger voit son influence s’éroder, prisonnière d’une vision figée du monde.



L’invitation du Maroc au Conseil de paix n’est donc pas une provocation. Elle est le reflet d’un rapport de forces diplomatique devenu incontestable. Et la réaction outrancière des médias algériens ressemble davantage à une blessure d’ego qu’à une analyse politique sérieuse.


Quant à l’accusation selon laquelle le Maroc trahirait la cause palestinienne en participant à ce mécanisme, elle ne résiste pas une seconde à l’examen. Depuis des décennies, le Royaume a prouvé par ses actes son attachement indéfectible à Jérusalem et aux droits du peuple palestinien. Participer à une initiative visant à protéger les civils et à stabiliser Gaza n’a rien d’une trahison ; c’est au contraire une continuité logique de son engagement historique.


En réalité, l’affaire du Conseil de paix agit comme un révélateur cruel. Elle montre un Maroc confiant, reconnu, sollicité, et une Algérie enfermée dans ses réflexes de rivalité stérile. Elle confirme que le Royaume a pris une longueur d’avance diplomatique que le pouvoir algérien ne parvient ni à combler, ni à accepter.


Plutôt que de multiplier les campagnes de propagande, Alger ferait mieux de s’interroger sur les raisons profondes de son effacement progressif des grandes initiatives internationales. Mais pour cela, il faudrait accepter une remise en question que le régime algérien semble incapable d’entreprendre.


Le problème, une fois encore, n’est pas le Maroc. Le problème, c’est l’Algérie et ses propres contradictions.



1 commentaire


Membre inconnu
il y a 6 jours

Le Maroc n’est pas invité par hasard au Conseil de Paix initié par Trump. C’est la reconnaissance d’un acteur crédible, constant et respecté dans les efforts internationaux de stabilisation et de protection des civils. Fait diplomatique, pas posture.

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